Biographie

Marcel Giraud

Né à Vallauris, dans la maison familiale du quartier des Mauruches, Marcel Giraud grandit au milieu des potiers. Ces magiciens de l'argile le fascinaient — leur geste précis, la matière qui obéit, la terre qui prend forme sous les doigts. Une fascination qui ne le quittera plus.

Il quitte l'école pour entrer en apprentissage chez Blaise Rubino. Quatre années d'acharnement face au tour à pied, quatre années à se battre avec la glaise jusqu'à en acquérir la maîtrise complète. L'apprenti devient tourneur.

La maîtrise de la forme acquise, c'est le feu qui l'appelle. Il s'engage comme fumiste dans l'atelier TIOLA, où il construit pendant deux ans des fours ancestraux au bois — tradition vivante de Vallauris. C'est là qu'il comprend l'alchimie : la terre façonnée n'est rien sans la cuisson qui la révèle.

Il loue ensuite ses services dans plusieurs ateliers de la ville, affûtant son art, avant d'ouvrir son premier atelier rue François Donnet. Pendant quinze ans, il s'y affirme. La poterie culinaire est dans l'air du temps — il en fait un art.

L'espace lui manque. Il revient à la maison des Mauruches, là où tout a commencé.

C'est alors qu'une autre vie intérieure, celle du peintre qu'il est depuis l'enfance, l'oriente vers la sculpture — sur pierre, sur métal. Ces disciplines lui ouvrent un nouvel regard. Il retourne à la glaise avec des yeux différents, explore les oxydes, retrouve le feu. De cette traversée naît une œuvre singulière : le mariage du grès et des oxydes, entre héritage et invention.